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Ligne 1 : porte Maillot - porte de Vincennes

LE 19 JUILLET 1900, l’événement n’était annoncé que par quelques lignes dans les journaux. Aucun ministre n’assistait à l’inauguration.Prévue pour l’ouverture de l’Exposition universelle, la première ligne du « métropolitain urbain parisien », entre la porte Maillot et la porte de Vincennes, n’est pas prête à temps. Elle a trois mois de retard. Bien après Londres (1863), New York (1885) et Chicago (1892), Paris a enfin « son » métro, qui devient rapidement le premier moyen de transport dans la capitale.

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Le marché allemand de l’électricité entre dans l’ère des concentrations

C’est un électrochoc attendu depuis des semaines. Veba et Viag ont annoncé leur fusion officiellement, lundi 27 septembre. La veille, les conseils de surveillance des deux conglomérats industriels allemands s’étaient réunis exceptionnellement un dimanche pour entériner le principe de l’opération. Elle donne naissance au deuxième groupe du pays, loin derrière le constructeur automobile DaimlerChrysler, avec 146 milliards de deutschemarks (74,5 milliards d’euros) de chiffre d’affaires prévus cette année et plus de 200 000 salariés.

Si les deux groupes réunis englobent une large palette d’activités, de la chimie à la logistique en passant par les télécommunications, le rapprochement est surtout motivé par la vive concurrence qui se développe dans leur métier d’origine, l’électricité, libéralisé en Allemagne depuis avril 1998. Cette fusion est la première étape d’un processus de concentration dans une branche où les réductions de tarifs consenties aux clients incitent à réaliser des économies de coûts. Elle permet aux deux maisons de renforcer leurs positions : l’union du deuxième fournisseur du pays, PreussenElektra - filiale de Veba - et du troisième, Bayernwerk (Viag), supplantera l’actuel numéro un, RWE Energie.

Le nouveau groupe sera codirigé par le président du directoire de Veba, Ulrich Hartmann, et son homologue de Viag, Wilhelm Simson. Son siège sera à Düsseldorf, le berceau de Veba, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Compte tenu des parités retenues - 1 action Veba pour 2,8 actions Viag -, les actionnaires de Veba détiendront, à l’issue de l’opération, 67 % de la nouvelle société, et ceux de Viag 33 %. Les dirigeants des deux groupes espèrent, en unissant leurs forces, réaliser 800 millions d’euros d’économies par an.

Commencés avant l’été, les pourparlers ont dû prendre en compte la position du Land de Bavière, principal actionnaire de Viag avec 25,1 %. Le gouvernement régional de Munich - qui devrait en profiter pour vendre à Veba 10 % de sa participation pour 3,1 milliards de deutschemarks - tenait à obtenir des garanties sur le maintien d’un certain nombre d’activités et d’emplois en Bavière. Il a fallu plusieurs rencontres avec le ministre-président du Land, Edmund Stoiber (CSU), pour boucler le dossier. Les activités liées à l’énergie seront finalement dirigées depuis Munich, mais les syndicats s’inquiètent d’éventuelles supressions d’emplois.

Actuellement très diversifié, le nouvel ensemble va se concentrer sur trois activités. Outre l’électricité, avec des ventes cumulées de 180 milliards de kilowattheures (contre 460 milliards pour EDF, le numéro un européen), l’autre secteur prioritaire est la chimie, autour de deux filiales, Degussa-Hüls et SKW Trostberg. Avec un chiffre d’affaires cumulé de plus de 15 milliards de deutschemarks, ce pôle deviendra le numéro trois européen du secteur. Troisième domaine de prédilection de Veba et Viag : les télécommunications, où les deux groupes sont entrés dans les années 90 à la faveur de la déréglementation, et où ils sont pour le moment concurrents. Une seule de leurs deux filiales serait conservée, Viag Interkom, qui exloite la quatrième licence de téléphonie mobile allemande. L’autre réseau, E-Plus, détenu à 60,25 % par Veba et RWE, serait vendu. France Télécom et Vivendi passent en Allemagne pour être de possibles repreneurs. A plus ou moins long terme, toutes les autres divisions, soit environ 66 milliards de deutschemarks de chiffre d’affaires, sont susceptibles d’être cédées.

Le processus de concentration de l’électricité allemande ne devrait pas s’arrêter là. « Tout le monde parle avec tout le monde », indique un responsable de Bayernwerk pour résumer l’état d’esprit dominant. Le paysage allemand reste en effet très morcelé entre de grands acteurs surtout présents dans leurs anciens monopoles régionaux et des centaines de régies, souvent publiques. Numéro un déchu, RWE entend réagir en réalisant d’importantes acquisitions. Dans tous les coins du pays, des compagnies sont en outre susceptibles d’ouvrir leur capital. Le quatrième producteur allemand, EnBW, est ainsi en cours de privatisation partielle, le Land du Bade-Wurtemberg et certaines communes ayant décidé de se désengager. D’ici à la fin de l’année, cette opération devrait susciter une belle empoignade entre les quatre candidats encore en lice, dont EDF, RWE et… Bayernwerk. Un autre fournisseur important, HEW à Hambourg, est également en train de passer définitivement dans le secteur privé.

Dans ce contexte, la fusion Veba-Viag est observée de près par les pouvoirs publics. L’Office fédéral des cartels a fait savoir en prélude à la fusion qu’elle ne pourrait pas être autorisée en l’état, à moins que la libéralisation ne franchisse une nouvelle étape en matière d’accès des tiers aux réseaux électriques existants. Les producteurs régionaux ont en effet cherché dans un premier temps à limiter les intrusions des concurrents en fixant des tarifs de passage prohibitifs. L’office ne semble pas vouloir s’opposer à cette fusion, mais Veba et Viag vont devoir montrer patte blanche et accepter de jouer en contrepartie le jeu de la concurrence dans leurs berceaux géographiques.

Par ailleurs, le sort des petites sociétés communales préoccupe la classe politique. La concurrence met en danger leur existence, et des milliers d’emplois sont menacés. Le gouvernement s’inquiète de l’impact d’une trop forte libéralisation au profit des géants du secteur. Partisan de l’ouverture du marché, le ministre de l’économie fédérale, Werner Müller (sans étiquette), réfléchit cependant au moyen de protéger l’avenir des acteurs plus modestes. Mais il n’est de toute façon pas en mesure de s’opposer au mariage en cours.

  Philippe Ricard



Le Monde

La mise en oeuvre progressive de la parité suscite des critiques au sein de la gauche

LE BEAU SLOGAN de la parité hommes-femmes en politique devient un vrai casse-tête dès qu’il s’agit de le mettre en pratique. Dominique Gillot (PS), rapporteuse de l’Observatoire de la parité, en fait actuellement l’expérience. La nouvelle secrétaire d’Etat à la santé, nommée cet été en remplacement de Bernard Kouchner, met la dernière main au rapport qu’elle doit rendre au premier ministre en vue de traduire dans la loi la révision constitutionnelle du 28 juin sur la parité, comme Lionel Jospin l’a annoncé, le 29 août, à La Rochelle ( Le Monde du 31 août). L’oeil sur les élections municipales de 2001, le gouvernement doit déposer un projet de loi d’ici à la fin de l’année en vue d’une adoption définitive au printemps 2000. La coutume veut en effet que l’on ne modifie pas un mode de scrutin moins d’un an avant une élection.

A La Rochelle, M. Jospin avait certains militants de la parité absolue (50 % de femmes candidates) en indiquant qu’ « un pourcentage minimum de candidatures féminines » sera « imposé » dans les scrutins de liste (élections municipales, régionales, européennes et les sénatoriales dans les départements qui élisent au moins cinq sénateurs). Beaucoup y ont vu la perspective de simples quotas de 30 % ou 40 % de femmes. Le rapport de Mme Gillot devrait valider cette orientation.

La contrainte est plus politique que juridique. Selon le compromis passé avec la droite, l’article 3 issu de la Constitution prévoit que la loi « favorise » - et non « détermine » - « l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ».Par ailleurs, le gouvernement souhaite sanctionner sévèrement tout parti qui ne respecterait pas le quota, en déclarant sa liste irrecevable. Or il pourrait juger difficile d’imposer à la fois la parité complète et la sanction radicale que représente l’irrecevabilité. Le choix final pourrait donc être une norme moins systématique, mais assortie d’une sanction drastique. En tout état de cause, le seuil ne saurait être inférieur à 40 %, ce qui correspond au pourcentage de femmes élues dans la « délégation française » au Parlement européen le 13 juin. Le pari est que, une fois franchie la barre de 40 % de candidates aux municipales de 2001, le seuil de 50 % sera aisément accessible aux élections de 2007, sans qu’il soit nécessaire de passer par la loi.

Régine Saint-Criq, membre de l’Observatoire de la parité, ne le voit pas de cet oeil. « C’est simple : il faut 50 % de femmes sur les scrutins de liste ! », tranche la présidente de l’association Parité, qui s’est déclarée « très déçue » des récentes nominations au Conseil économique et social ( Le Monde du 2 septembre), dans lesquelles, dit-elle, le nombre de femmes est passé « de dix à douze ». Roselyne Bachelot (RPR) ne mâche pas ses mots : « Instaurer un quota provisoire, ce n’est pas suffisant et c’est moralement choquant ! Après la grande envolée paritaire de M. Jospin, on va nous jeter un ”nonosse“ pour les municipales et nous dire : ”Vos gueules les mouettes !“ », s’insurge la députée de Maine-et-Loire.

Autre limite, les communes de moins de 3 500 habitants - soit 34 000 communes sur un total de 36 000 et un tiers de la population - ne devraient pas être concernées par la réforme, du fait de leur mode de scrutin spécifique : le panachage étant admis, de même que les candidatures individuelles, l’électeur peut, par exemple, rayer le nom d’un candidat ou voter pour une personne qui ne s’est pas présentée.Imposer un quota reviendrait à limiter le choix de l’électeur. « Certes, la réforme concernera peu de communes, mais beaucoup d’élues. Il y aura un effet d’entraînement sur les plus petites communes », souligne cependant Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au CNRS.

  « CORRECTION FINANCIÈRE »

Pour mettre en oeuvre la parité dans les scrutins uninominaux (élections législatives, cantonales, et l’autre partie des sénatoriales), le premier ministre a simplement évoqué, à La Rochelle, la perspective d’ « un mécanisme de correction financière relatif au financement public des partis politiques ». Le rapport de Mme Gillot devrait préférer la carotte au bâton. Le problème est d’ordre constitutionnel. « Autant il est envisageable de contraindre les partis, aurant il paraît contestable de peser sur le choix de l’électeur dans un scrutin uninominal », souligne le professeur Guy Carcassonne, entendu par l’Observatoire. En outre, la diminution de l’aide financière pourrait inciter au financement occulte des partis.

M. Carcassonne propose de geler l’enveloppe annuelle de financement public (calculée pour moitié en fonction du nombre de voix recueillies aux législatives, pour moitié en fonction du nombre de parlementaires élus), qui continuerait d’être distribuée selon les mêmes critières. Parallèlement, serait créé un « fonds de mixité », qui serait alimenté par des crédits supplémentaires de l’Etat et profiterait aux partis qui ont respecté le quota. Le rapport pourrait fixer deux seuils distincts pour tenir compte de la représentation des femmes à l’Assemblée nationale (10,9 % d’élues) et dans les conseils généraux (6,6 %). Ainsi, pour l’élection des députés, le seuil ne devrait pas être inférieur à 30 %, ce qui correspond au taux de circonscriptions réservées par le PS aux femmes aux élections de juin 1997.

  Clarisse Fabre



Le Monde

Jeunes, Basques et Français

ILS S´APPELLENT Amaia, Inaki, Anita ou Iniko, ils ont entre vingt et trente ans et ont tous en commun cette « conscience aberzale » qui les a conduits à s´engager radicalement en faveur du nationalisme basque. Dans les ruelles du Petit-Bayonne ou dans les vallées de l´intérieur, Le Monde a enquêté sur ces jeunes Basques de France qui militent pour le rapprochement des prisonniers politiques, la création d´un département basque, la défense de la langue, et divergent, parfois, sur le recours à la violence. La plupart toutefois, sont membres de Haïka, l´organisation soupçonnée par les policiers de fournir les réserves dans lesquelles peut puiser le terrorisme.





Le Monde

DIMANCHE8 OCTOBRE 0.05 France 3 : Beau Brummel

C'EST l'histoire ­ romancée, bien sûr ­ de celui qu'on avait surnommé, à Londres, sous le règne de George III, le « roi de la mode » : Beau Brummell (1778-1840). Arbitre des élégances dans la haute société, insolent, il s’attire l’animosité du prince de Galles, fils aîné du roi, puis réussit à devenir son ami. Influent à la cour, il tombe amoureux de la belle lady Patricia (Elizabeth Taylor), fiancée à un lord. Le film, tourné en Grande-Bretagne avec une équipe britannique et dans les studios anglais de la MGM, est tiré d’une pièce de Claude Fitch, écrite en 1890, et dont une première version cinématographique avait été tournée en 1924 avec John Barrymore. Cette version de Curtis Bernhardt séduit par sa reconstitution historique, ses superbes images en Eastmancolor et une brillante interprétation autour de Stewart Granger.

Jacques Siclier



Le Monde